Corruption, collusion, malversation : il faut changer les règles de financement des partis politiques. 

Les soupçons et les indices de corruption, de collusion et de malversation font depuis plusieurs jours la une des médias. On y retrouve pêle-mêle des élus municipaux et des entrepreneurs de la construction. Plus récemment, le Vérificateur général en ajoutait et dénonçait des manquements graves au ministère des Transports dans l’adjudication des contrats. L’opposition officielle demande maintenant depuis plusieurs jours que soit ouverte une enquête publique sur ce qui a toutes les caractéristiques d’un problème systémique. J’en suis. 

Ce qui est mis en cause, très fréquemment, c’est essentiellement l’indépendance des élus. Le mode de financement des partis politiques les placerait, malgré les règles en vigueur, dans des situations de vulnérabilité vis-à-vis des individus ou des corporations qui contribuent plus que largement à leur caisse électorale.  

Manifestement, les  règles de financement des formations politiques, tant au municipal qu’au national, doivent changer. 

À l’époque, ces règles ont été créées par René Lévesque pour à la fois assainir le financement des partis et encourager la participation populaire aux affaires politiques. Depuis, les plus finauds ont appris à contourner les règles.  

De nouvelles règles devraient à la fois viser à éliminer les contributions d’influence potentielle et maintenir un encouragement à la participation populaire.  

Les citoyens contribuent de deux façons au financement des partis : soit par des dons volontaires, soit par les crédits d’impôts que l’État retourne à ceux qui donnent aux partis. Une première disposition à adopter serait, me semble-t-il,  d’augmenter substantiellement le financement direct de l’État et de diminuer considérablement le financement par les individus. Dans ce dernier cas, le plafond des contributions pourrait, par exemple, être de 500$ au lieu de 3000$. La contribution de l’État pourrait être offerte sur la base d’un montant versé par vote obtenu jusqu’à concurrence d’un plafond. Une deuxième règle pourrait être de fixer aussi un plafond des contributions populaires pour les partis, par exemple, 1M$ annuellement. Cela aurait l’immense avantage de renforcer l’équité entre les formations politiques. 

À moins de changer les règles, les citoyens auront de plus en plus raison de se montrer cyniques. La démocratie en paiera le prix.